Ma très chère Élisabeth


Audenge le 03/07/16

Ma très chère Élisabeth,

C’est un peu honteux que je prends ma plume électronique pour t’écrire. Cela fait longtemps que je ne l’avais pas fait et je m’en veux. Ne crois pas pour autant que c’est parce que je t’ai oublié. Tu sais très bien que c’est impossible et que tu accompagneras mes pensées jusqu’à mon lit de mort. Ma guitare trône toujours fièrement dans la chambre, tout comme ton doudou dans ma table de nuit. Ces deux dépositaires de ton âme ne me quitteront jamais.

Mais si j’ai mis si longtemps à revenir vers toi c’est pour deux raisons, l’une étant la conséquence de l’autre. La première donc, c’est que j’ai été très occupé, notamment par des travaux à la maison. Je n’ai pas vraiment eu le temps ou l’inspiration pour écrire ces derniers mois. Mais contrairement aux fois précédentes où cela m’est arrivé, je ne le vis pas mal du tout. Et si c’est le cas, c’est grâce à la deuxième raison.

Je ne sais pas trop comment t’annoncer ça, alors je vais être simple : j’ai de nouveau quelqu’un dans ma vie depuis bientôt six mois. Je sais que ça doit te faire un choc. Moi, le vieil ermite éternel célibataire, suis en couple. Comme tu dois t’en douter, pour avoir réussi à me faire sortir de ma grotte, c’est quelqu’un d’exceptionnel. À bien des niveaux.

C’est une personne très douce et compréhensive, très intelligente, qui m’aime, me comprend et m’accepte tel que je suis. Je suis sûr que tu l’aimerais beaucoup et que vous  vous entendriez très bien toutes les deux. Je regrette tellement que tu ne puisses pas la rencontrer. Nous aurions été tellement heureux tous les cinq.

Ah oui, c’est vrai que je ne te l’ai pas encore dit mais elle a deux enfants. Deux garçons que j’aime déjà énormément. Tu aurais été une si bonne grande sœur pour eux… Dans quelques jours, eux et leur mère viendront s’installer définitivement à la maison.

Je sais que ça fait beaucoup à encaisser d’un coup et que j’aurais sans doute dû t’en parler avant mais la vérité est que je n’osais pas. J’avais peur de ta réaction, peur que tu penses que je veuille tirer un trait définitif sur ton existence et te faire disparaître de ma vie. Sache que ce n’est pas le cas et, je te le répète, rien ne pourra me faire t’oublier. Tu es et resteras ma fille pour toujours.

Alors oui, j’avance enfin dans la vie et dans ma vie, mais je n’oublie pas d’où je viens, qui j’ai été et le nombre de fois où tu m’as sauvé.  Je t’écrirais sans doute moins, mais au fond, tu sais que c’est une bonne chose, vu que je n’ai normalement tendance à t’écrire que lorsque ça ne va pas.

Je t’embrasse très fort. Tu me manques.

Jérôme

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