Garbage – Garbage

Garbage Album

Pour cette dernière chronique (oui, vous allez enfin être débarrassé) je voulais quelque chose qui résume un peu tout ce dont je vous ai parlé. Un groupe né dans les années 90, qui a immédiatement explosé et dont les sonorités représentent cette époque. J’ai donc gardé le meilleur pour la fin.

L’histoire de Garbage commence à la fin des années 70 à Madison, Wisconsin, quand Butch « Viggy » Vig rejoint le groupe Spooner en tant que batteur et où il fera la connaissance du guitariste Doug “Duke” Erikson. Quand le groupe se sépare en 83, ils partent tous les deux pour former Fire Town. Lorsqu’ils enregistreront leur premier album, ils embaucheront un ingénieur son du nom de Steve « Steve O » Barker. Rapidement, Vig et Barker vont se trouver des affinités et utiliser leurs très larges connaissances de la musique et des instruments pour se lancer dans la production d’albums pour d’autres artistes. Leurs premiers travaux sont évidemment assez confidentiels, ce qui leur permet de continuer à jouer dans Fire Town. Mais le duo est de plus en plus demandé et en 86, ils sont obligés d’arrêter le groupe pour se concentrer sur la production. Entre deux commandes, ils trouveront quand même le temps de refaire un album avec Spooner (avec toujours Duke à la guitare).

En 90, Quand Kurt Kobain cherche un producteur pour le second album de Nirvana (le futur Nevermind), son ancien label lui souffle le nom de Butch Vig. Ayant apprécié le travail de ce dernier avec le groupe Killdozer, le chanteur accepte, pour aboutir au résultat que vous connaissez. Vig et Barker deviennent tout d’un coup les producteurs les plus demandés sur la scène rock et ils vont enchaîner les projets comme des dingues pendant trois ans. Mais au bout d’un moment, le duo en a marre et Vig est même à la limite du burnout. Ils décident donc avec Duke de créer un nouveau groupe pour enfin travailler sur leur propre musique.

L’idée directrice est tout de suite claire : ras le bol du son rock brut et direct que leur ont demandé tous les groupes ces dernières années. D’ailleurs, ils abandonnent la sainte trinité guitare/bass/batterie et remplacent la bass par une deuxième guitare. Ils ont envie d’expérimenter, de trafiquer, de tordre la musique autant qu’ils le veulent. Forcément, quand vous choisissez cette voie, les premiers travaux sont assez aléatoire. C’est d’ailleurs un commentaire à ce sujet qui leur inspirera le nom du groupe (“It sounds like garbage”). Mais assez rapidement quelque chose se met en place. Toutefois, il leur faut quelqu’un au chant. Et vu qu’ils viennent de passer plusieurs années entourés uniquement de groupes d’hommes ils se mettent en quête d’une femme, histoire de changer un peu. Les premiers travaux sur les paroles sont d’ailleurs effectués en commun en essayant de se mettre dans le peau d’une femme.

En 94, Barker tombe par hasard sur la vidéo de Suffocate Me, une chanson d’un petit groupe écossais du nom d’Angelfish. La voix et le style de la chanteuse, Shirley Manson, lui plaisent, ils partage donc sa trouvaille avec les deux autres et ils décident de la contacter. Pour l’anecdote, c’est leur manager qui passera le coup de fil en appuyant bien sur la présence de Butch Vig dans le groupe. Sauf que Shirley n’a absolument aucune idée de qui il s’agit. Elle se verra alors conseiller de jeter un oeil aux crédits de Nevermind.

Finalement la première rencontre se fera le 8 avril 94 à Londres (si la date exacte est restée dans la tête des membres, c’est parce que plus tard dans la soirée, Vig apprendra que Kobain s’est suicidé quelques jours plus tôt), puis il y aura une première audition lorsque Angelfish viendra en tournée aux US. Mais ça ne se passera pas très bien. Toutefois, en discutant tous ensemble, ils se rendent compte qu’ils ont les mêmes goûts musicaux et qu’ils semblent bien s’entendre. Aussi, lorsque Shirley demande une nouvelle audition à la fin de sa tournée, le groupe accepte et ils finissent par l’engager.

Le travail d’enregistrement peut alors véritablement commencer. Alors que Shirley n’a à ce moment là jamais écrit de paroles, elle va être incluse dans le processus jusqu’à être celle qui fera le plus gros du travail, même si les thèmes et de nombreuses idées viennent également des autres membres. Le boulot sur la musique suit toujours la même idée : expérimenter. Mais également s’éloigner le plus possible du son grunge auquel est inévitablement associé le nom de Vig. D’ailleurs ils enverront leur première démo anonymement pour éviter qu’une maison de disques ne les signe uniquement là dessus. Et c’est ainsi qu’en mars 95, on commence à entendre Vow sur les radios rock :

Le son de Garbage est tout de suite là, immédiatement identifiable. Les effets électroniques ultra travaillés, la voix de Shirley qui sait être à la fois charmeuse et agressive, le côté pop du son de batterie, les deux guitares qui se répondent. Tout est dans ce premier single, et c’est une parfaite représentation de ce qu’on trouve sur l’album. Le mot qui explose quand vous l’écoutez, c’est créativité. Vig tenait absolument à ne sonner comme personne, et il a parfaitement réussi. Rapidement, les singles vont s’enchaîner (Only Happy When it Rains, Queer, Stupid Girl et Milk), augmentant toujours un peu plus la visibilité et le succès du groupe au fil des mois de tournée.

Normalement, nous arrivons au moment où j’aurais dû vous parler de ma chanson préférée de l’album, mais cela m’est impossible d’en sortir une. J’aime trop ce groupe et cet album pour ne pas le considérer dans sa totalité. Le couper en morceau est en crime. Alors je vais juste profiter de ces quelques lignes inutilisées pour hurler mon amour à Shirley Manson (si les éloges vous ennuient, vous pouvez sauter le paragraphe suivant).

Shirley Manson

[mode fanboy on] Cette femme à la beauté magnétique et non conventionnelle, au charisme ahurissant, à l’intelligence rare, au caractère en acier trempé, au talent incommensurable est tout simplement ma chanteuse préférée (au cas où vous ne l’auriez pas compris…). Mais quand je dis chanteuse, je l’entends dans tout ce que cache le mot. Son attitude envers ses fans est exemplaire, c’est une femme très engagée (notamment dans la reconnaissance des droits des LGBT), qui dit toujours ce qu’elle pense (et pas avec le dos de la cuillère), qui a une voix magnifique et qui est une parfaite frontwoman (c’est elle que l’on voit partout, plus rarement les trois autres). Et pour couronner le tout, c’est vraiment un excellent auteur. [mode fanboy off]

Revenons en à l’album. Vingt ans après, il n’a pas pris un ride. L’écouter en boucle est toujours aussi plaisant et frais. D’ailleurs le groupe est bien conscient de ce qu’il représente puisqu’une version remasterisée est sortie à la fin de l’année 2015 pour fêter cet anniversaire, accompagné par une tourner où ils l’ont joué en entier.

Garbage, en mélangeant des éléments venus d’horizons différents, prenait le risque d’obtenir une bouillie infâme. Au lieu de ça, ils ont trouvé l’élixir parfait. Celui qui restera la quintessence des années 90 et que vous avez (re)découvert avec moi au fil de ces chroniques : pop/rock/électro.

Fiche Technique :

Album : Garbage
Artiste : Garbage
Année de Production / de Sortie : 1993 à 1995 / 1995
Durée de la première édition : 50 minutes
Tracklist :
01 – Supervixen
02 – Queer
03 – Only Happy When it Rains
04 – As Heaven is Wide
05 – Not my Idea
06 – A Stroke of Luck
07 – Vow
08 – Stupid Girl
09 – Dog New Tricks
10 – My Lover’s Box
11 – Fix me Now
12 – Milk

Playlist Complète

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