Encore Heureux – Benoît Graffin

Encore Heureux

Dans la très grande majorité des cas, je n’apprécie que moyennement (pour rester positif…) les comédies françaises. Financées par les chaînes de télévision pour alimenter leur case cinéma, elles sont ultra calibrées et ressemblent plus, la plupart du temps, à des produits plutôt qu’à des films. C’est qu’il ne faudrait pas effrayer la ménagère de moins de cinquante ans devant son poste. On sait jamais, des fois que ça la ferait hésiter au moment de faire ses courses…

Encore Heureux 01Pourtant je suis allé voir Encore Heureux. Deux raisons principales à cela. La toute première, c’est Sandrine Kiberlain. Longtemps cantonnée au registre dramatique, elle a, ces dernières années, enfin eu l’occasion de tourner dans des comédies (notamment le très bon Neuf Mois Ferme de Dupontel). Et contre attente, cela lui va comme un gant. C’est vraiment une excellente actrice comique de par son excellent sens du timing et son visage très expressif qu’elle n’hésite jamais à utiliser. J’étais donc enthousiaste à l’idée de la revoir dans ce registre.

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Seconde raison, le scénario qui sort un peu des sentiers battus. Marie et Sam (joué par Edouard Baer) sont un couple tout ce qu’il y a de plus heureux et classique. Mais au début du film, le mari perd son travail et commence alors une longue descente aux enfers de deux ans pour les époux et leurs deux enfants. Jusqu’à en arriver à l’appartement minable, aux petites combines et au vol dans les supermarchés. Mais Marie en a assez de cette vie et pourrait bien finir par succomber aux avances d’Antoine (interprété par Benjamin Biolay) et quitter Sam, qui semble prendre sa nouvelle condition avec énormément de détachement.

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Alors je n’irai pas jusqu’à invoquer Ken Loach, faut pas déconner. Mais les comédies sur la misère et la précarité ne sont pas légions en France. Tout le monde se souvient de l’excellent Une Époque Formidable de Gérard Jugnot, mais c’était il y a vingt-cinq ans et difficile d’en trouver beaucoup d’autres de valables depuis. Alors quand quelqu’un prend ce risque là (parce que s’en est un, le sujet étant tout sauf vendeur pour la télé), ça mérite qu’on lui laisse sa chance.

Qu’en est-il au final ? Hé bien disons que je suis mitigé. J’ai passé un agréable moment, ce serait mentir que de dire l’inverse. Kiberlain et Baer sont vraiment excellents et sont pour beaucoup dans les moments de réussite du film. Mais le scénario prend rapidement la direction de la loufoquerie et de l’invraisemblance au lieu d’essayer de garder les pieds sur terre. Du coup, le film perd de son impact et n’atteint jamais les sommets de son glorieux ainé.

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Alors bien sûr, il évoque directement les sujets que sont le chômage et ses différentes répercussions sur les relations familiales, ainsi que la vie quand les fins de mois commencent le cinq. Mais il les évacue très vite en invoquant une résolution burlesque à tous ces problèmes. C’est vraiment dommage.

Reste au bout du compte une comédie gentiment irrévérencieuse qui ne fait mal à personne, mais qui du coup ne passionne jamais vraiment. Jugnot peut dormir sur ses deux oreilles, ce n’est pas encore cette fois qu’on le détrônera.

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