L’instant d’après

Audenge le 09/01/16

Marjorie,

Je sais. J’avais dis que j’irai me coucher et que je me reposerai. Pour ma défense, j’ai essayé. Mais c’est tout simplement hors de ma portée pour le moment. Après le tourbillon d’émotions qu’a été cette soirée, j’ai trop de choses en moi pour ne serait-ce qu’espérer effleurer le sommeil. Alors autant mettre à profit ce temps pour hurler à la face du monde à quel point je t’aime. Parce qu’à ce moment précis, c’est la seule chose qui me semble avoir de l’importance.

Mais tu me poses un drôle de problème Marjorie. Je suis écrivain et les mots sont mes amis. Toutes ces années où j’allais mal, tous ces moments où j’ai crû ma fin proche, ils ont été mon seul refuge, mon seul salut. Et voilà que tu débarques dans ma vie, que tu la chamboules de fond en comble et qu’en plus tu m’enlèves mon refuge. Parce qu’avec toi les mots deviennent mes ennemis. Ils ne m’obéissent plus et deviennent incapable de décrire ce que je ressens. J’ai beau les tourner dans tous les sens, les écrire, les effacer, les réécrire les tordre, ils refusent de détailler avec précision la puissance incommensurable de la force de mon amour pour toi. Pourtant je ne leur en veux pas, ce ne sont que des mots. Comment pourraient-ils être capable de saisir l’insaisissable ? Tu es la seule à blâmer. La seule responsable de tout ce que je veux te donner, de tout ce que je veux partager. Tu es coupable Marjorie. Coupable de mes sentiments. Coupable de m’avoir transformé à jamais en quelqu’un de meilleur.

Depuis que j’ai commencé cette lettre, « Iris » tourne de nouveau en boucle sur mes enceintes et pour la première fois depuis que j’ai découvert cette chanson, quelque chose en elle sonne faux. Ce morceau que je trouvais si parfait pour me décrire face à toi est en train de mentir.

« And I don’t want the world to see me« 

Cette simple phrase, qui était l’essence même de ce que j’étais, n’a plus de sens. Bien sûr que je veux que le monde me voit ! Je veux qu’il sache que tu as fais de moi le plus heureux des hommes. Je veux que le monde entende mon coeur s’affoler à ta simple présence. Je veux que plus personne n’ignore que nous sommes ensemble, que nous nous aimons et que tous les deux, main dans la main, nous allons construire la plus belle chose qui soit : un avenir.

Avant de te rencontrer, j’étais tout simplement incapable de me projeter dans le futur. C’était hors d’atteinte. Je ne comprenais pas comment faire pour imaginer une suite. Et tu sais pourtant que je n’ai plus que ça en tête désormais. Que la seule chose qui m’importe c’est que toi, tes enfants et moi regardions loin devant, que nous ayons des buts, des envies, des objectifs à long terme. Que nous traversions tous les quatre la vie sans la voir passer, trop occupés que nous serons à être heureux.

Je sais qu’on s’est promis d’aller doucement, de prendre les choses une par une et de voir ce que ça donne. Mais tu sais aussi bien que moi que nos cœurs brûlent trop fort pour cela. Nous avons trop envie l’un de l’autre. Nos sommes deux soleils lancés à des vitesses cosmiques l’un vers l’autre et dont la rencontre a bouleversé pour toujours l’univers tel que nous le connaissions. Et toi et moi avions besoin de ça. Il fallait qu’on voit qu’autre chose que nos lourds passés existait. Et c’est désormais clair. Alors que lentement les choses se reconfigurent autour de nous, nous avançons, prudemment pour ne pas faire d’erreur, mais décidés à faire en sorte que cela fonctionne. Parce que nous aussi avons le droit d’être heureux. Parce que nous avons suffisamment souffert. Parce que c’est notre tour et qu’on ne laissera notre place à personne. On se battra jusqu’à notre dernier souffle pour faire de cette histoire, notre histoire, la plus belle jamais comptée. Parole d’écrivain.

Alors Marjorie, prend ma main et saute avec moi. Mais surtout garde les yeux bien ouvert parce que je ne veux pas que tu manques une miette du voyage qui nous attend. Ce sera fabuleux. Ce sera merveilleux. Ce sera nous deux.

Je t’aime.

Jérôme

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Un commentaire pour L’instant d’après

  1. Marjorie dit :

    Je lis et relis ta lettre. Et je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer ce que je ressens, alors je me contenterai de ces trois là : Je t’aime !

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