Garbage – Zénith de Paris – 07/11/15

Pendant longtemps je n’ai pas aimé les concerts. Poireauter des heures pour se retrouver au milieu d’une foule qui hurle et qui vous bouscule pour écouter des morceaux aux arrangements différents de ceux que vous avez aimé sur l’album, à quoi bon ? Ce n’est que très tard que j’ai assisté à mon premier véritable live.C’était en 2007, j’avais 29 ans et c’était pour la grande Loreena McKennitt. J’ai alors compris l’importance d’écouter la musique en direct. L’impact de cette dernière est démultiplié par le fait de voir et d’entendre un ou des artistes jouer devant vous. Voir leur visage s’illuminer quand le public répond, communier avec la foule, découvrir un ou des morceaux sous un nouveau jour… Tout cela à soudain pris sens. Évidemment il faut que les artistes en question y mettent du leur et ne se contentent pas de passer une heure et demi plantés comme des piquets devant leur micro pour balancer leurs chansons avant de repartir avec un simple « merci ». Heureusement Garbage est à mille lieux de ça.

Zeinth ParisC’est la première fois que je me rendais au Zénith de Paris. J’avais un peu peur que la salle soit vieillissante, mais ce n’est absolument pas le cas. Elle est même plutôt moderne avec de grand espaces pour accéder aux différentes zones et possède tout le confort qu’on attend d’un lieu de ce genre. Même l’attente avant d’entrer a été plutôt agréable. Nous n’étions finalement pas tant que ça à arriver avant l’ouverture et nous avons pu entendre le groupe faire les derniers réglages et Shirley se chauffer la voix.

J’ai eu également l’agréable surprise de voir qu’il n’y avait pas de carré VIP dans la fosse, contrairement à ce qui était indiqué au moment de ma réservation. J’ai donc pu me placer à quelques mètres de la scène, bien au milieu, et commencer à attendre en écoutant les conversations autour de moi et profiter de l’ambiance plutôt cool des fans de Garbage.

Trois heures après mon arrivée devant les grilles, la première partie a enfin commencé. Je connaissais pas les Dutch Uncles. Après un petit set d’une demi-heure, je peux vous dire une chose : ce n’est absolument pas ma came. Cette pop typée 80’s (tout comme les déhanchements du chanteur d’ailleurs), farcie de claviers ne correspond pas à ce que j’aime. Reste que ce sont d’excellents musiciens et qu’ils eu ont beaucoup de courage.

En effet, lors des trois premières chansons, j’étais très étonné de voir que le groupe ne comportait aucune guitare. Avant d’enchaîner sur la quatrième, le chanteur a expliqué que pour des raisons familiales, leur guitariste avait dû rentrer à Manchester (oui parce que malgré leur nom, ils viennent d’Angleterre et pas des Pays-Bas). Et il faut en avoir une grosse paire pour assurer un set en première partie de  Garbage avec un membre un moins, surtout son guitariste. Sur les deux dernières chansons, c’est le chanteur qui s’y est collé en nous précisant qu’il n’avait pas assuré ce poste depuis cinq ans. Mais ils s’en sont très bien sortis. Et le dernier morceau m’a bien plu, vu qu’il était très différent du reste, très rock et très rentre dedans, et sans doute là pour faire la transition avec Garbage.

La première partie terminée, il nous a encore fallu attendre une bonne demi-heure avant que ça ne commence réellement. Avant d’entrer dans les détails, je me dois de vous expliquer le pourquoi du comment de cette tournée. Il y a 20 ans, sortait le premier et éponyme album du groupe. Devenu un classique de la musique rock pour plein de raisons que j’évoquerai dans un post de la série There’s Nothing Like the 90’s, les membres avaient envie de lui rendre hommage en le jouant en entier sur scène. C’est donc ainsi qu’est née la tournée 20 Years Queer. Et plutôt que de bêtement jouer l’album, la setlist comporte tous les titres enregistrés par le groupe en 1995 et 1996. Cela inclut donc pas mal de B-sides (des chansons que l’on mettait en deuxième face sur les 45t des singles), notamment la version remixée de #1 Crush, utilisée dans le film de Baz Luhrmann, Romeo+Juliette.

Le show a donc débuté par la diffusion d’un petit clip sur un grand rideau cachant la scène. On y voyait, entremêlées, des images d’archives du groupe lors de l’enregistrement de cet album et lors de la tournée qui suivit, ainsi que l’évocation des grands faits marquants de l’époque. Mais lorsque le clip s’est terminé, au lieu de faire tomber le rideau, ce dernier est resté en place et toute la première chanson (Subhuman, sortie en single en Angleterre mais ne faisant pas parti de l’album) a été jouée avec le groupe en ombre chinoise. Une excellente entrée en matière qui a tout de suite donné le ton de tout le concert : des jeux de lumières magnifiques, un très gros son et un groupe au mieux de sa forme et visiblement très heureux d’être là et de partager ce moment avec le public parisien.

Pour éviter l’éventuelle monotonie qu’aurait pu provoquer le déroulé prévisible de l’album, Garbage à fait le très bon choix d’intercaler les B-sides entre les chansons de ce dernier. Pendant la première moitié du concert, Shirley, comme à son habitude, nous a beaucoup parlé, multipliant les anecdotes sur le groupe et leur lien avec Paris, ville très importante pour la chanteuse. Elle a notamment cité leur tourneur français qui a été un des premiers à leur apporter du soutien quand le groupe a perdu son contrat avec sa maison de disque et est devenu indépendant.

C’est vraiment super agréable d’avoir quelqu’un qui partage autant avec vous. Surtout qu’elle ne répète pas des trucs écris à l’avance. Elle dit souvent qu’elle se trouve incroyablement chanceuse d’être là où elle en est aujourd’hui et ça se sent à travers le plaisir communicatif qu’elle affiche.  Malgré ses presque cinquante ans, Shirley reste une inégalable bête de scène qui dégage à la fois une véritable sensualité (voire un véritable érotisme) et une grande force. Une sorte de félin à la voix chaude qui emporte tout sur son passage.

Et ses compères musiciens n’étaient pas en reste même s’ils n’ont pas (ou peu) parlé. Steve O et Duke, les deux guitaristes, étaient déchainés et nous ont également offert une incroyable énergie. Butch, de part sa position (c’est le batteur) et son caractère est évidemment en retrait mais le peu qu’on l’a entendu, il était évident qu’il était tout aussi heureux d’être là.

Durant tout le concert, j’avais cette sensation d’écouter et de participer à un morceau de l’Histoire du rock, et ce n’est pas tous les jours que vous pouvez ressentir ça. Ceux qui les ont vécu et s’intéressent à la musique savent à quel point le groupe a marqué les 90’s. Mais ce concert a été l’occasion de montrer que leur musique n’a pas pris une ride et n’en prendra sans doute pas plus dans vingt ans. C’est l’avantage d’avoir votre propre son, en dehors des modes et des courants.

Pour terminer, je vous mets le 5ième épisode du journal de tournée, qui concerne Paris (mais qui commence par une mésaventure arrivée à Shirley deux jours plus tard à Londres). Ça vous donne une petite idée de l’ambiance qui règne au sein de groupe ainsi que dans la salle.

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