Crimson Peak – Guillermo Del Toro

Crimson PeakHé bien la voilà ! La première déception de ce mois d’octobre chargé cinématograpiquement. J’aime beaucoup ce que fait Del Toro et si on m’avait demandé de parier sur qui recevrait ce triste trophée il y a quelques semaines, ce n’est sûrement pas sur Crimson Peak que j’aurais mis une pièce. Mais voilà, je dois bien admettre que le film est raté. Et pourtant j’avais envie de l’aimer cette « histoire de fantômes » (je m’expliquerai sur les guillemets un peu plus loin)

Mais reprenons au début pour ceux qui ne sauraient pas de quoi on parle. En plein XIXième siècle, Edith (jouée par Mia Wasikowska, la Alice de Burton), auteur en devenir et fille d’un très riche industriel, tombe amoureuse de Thomas (joué par Tom Hiddelston, le Loki du MCU), un mystérieux jeune anglais venu chercher un financement pour une machine excavatrice de son invention. Le père d’Edith ne voit pas cet amour d’un très bon oeil, mais après sa mort dans un étrange accident, la jeune femme prend la décision de rejoindre Thomas et sa soeur Lucille (jouée par Jessica Chastain, une des meilleures actrices actuelles) dans leur manoir d’Allerdale Hall. Une fois sur place, Edith va commencer à voir des spectres.

Crimson Peak 02

D’une manière générale, j’apprécie qu’un film prenne sont temps pour mettre en place une ambiance. Et Crimson Peak a au moins cette qualité. Le début vous plonge très bien en pleine révolution industrielle et la reconstitution historique est de très bonne facture. De toute façon, on est dans un film de Del Toro et donc tous les décors et costumes sont magnifiques et bourrés de détails.

Mais le problème c’est qu’une fois que le film est censé décoller (à savoir à l’arrivée dans Allerdale Hall), hé bien il ne passe pas grand chose. Et c’est là que vous allez comprendre mes guillemets du début. Crimson Peak n’a rien d’un film de fantôme. Certes on en voit quelques uns de temps en temps (au design sublime d’ailleurs, là encore Del Toro oblige) mais toute cette partie du film est totalement anecdotique et donne une impression de plaquée sur le reste. Elle n’apporte absolument rien à l’histoire d’amour gothique qu’à voulu dépeindre le réalisateur.

Crimson Peak 01

Si vous ajoutez à cela un faux suspens lourdingue qu’il s’entête à nous matraquer à longueur de temps alors qu’on sait très rapidement de quoi il retourne et à peu près comment ça va se finir (le premier plan du film est totalement contre productif), force est de reconnaître que l’on s’ennuie ferme. Alors oui c’est bien joué (le petit côté shakespearien de l’interprétation fait son effet), oui le manoir est beau, bien mis en scène et devient un véritable personnage, mais bon sang que c’est chiant, creux et vain.

En fait le problème vient de se mélange histoire d’amour / histoire de fantômes qui ne  prend pas, telle une mayonnaise où l’on se serait contenté de jeter les ingrédients dans le bol, sans prendre la peine de mélanger. Le scénario aurait gagné énormément à soit choisir une seule voie, soit être beaucoup plus travaillé pour obtenir une bien meilleure symbiose entre les deux.

Bref, je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur ce qu’il faut bien appeler un beau gâchis. Pour une fois que Del Toro arrivait à faire aboutir un projet, c’est dommage que ça se termine comme ça…

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