The Visit – M. Night Shyamalan

The Visit afficheJ’ai, comme tout le monde, des goûts plus ou moins marqués en matière de cinéma et, généralement, quand je sors d’une séance, je peux dire si j’ai aimé ou pas un film, ou pire, s’il m’a laissé indifférent. Pourtant, avec The Visit, une fois dehors, j’étais incapable de savoir si j’avais vu un bon film ou un navet.

Le nouveau de M. Night Shyamalan (réalisateur, entre autres, de The Sixth Sense et Unbreakable) est en effet assez déstabilisant. Celui qu’on a peu trop vite tendance à résumer au twist final de chacun de ses films a décidé avec The Visit d’explorer une voie complètement différente de celle qu’il emprunte habituellement.

Dans la forme déjà. Habitué aux belles images cadrée, il passe ici à ce qu’on appelle le found fotage, a savoir un métrage censé être filmé par les personnages principaux. Popularisé par The Blair Witch Project, le procédé, bien utilisé, peut donner de très bonnes choses. Tout comme il peut vite devenir insupportable lorsqu’il n’est pas justifié ou une simple excuse pour filmer n’importe comment. Je vous rassure tout de suite, on est ici dans la bonne catégorie. Déjà, il est parfaitement bien intégré à l’histoire.

The Visit 01

Becca et Tyler sont deux ados qui n’ont jamais connus leurs grand parents maternels, fâchés avec leur fille depuis quinze ans. Cette dernière ne les as d’ailleurs pas revu depuis qu’elle a quitté le domicile parental pour aller épouser celui qui deviendra le père de ses enfants (et qui est désormais parti avec une autre). Mais quand le film commence, les grand parents viennent d’envoyer une lettre en demandant à rencontrer leurs petits enfants. Ces derniers acceptent malgré les réticences de leur mère, et ils vont donc aller passer une semaine avec ce qu’il faut bien appeler deux inconnus. Passionnée de cinéma, Becca décide de réaliser un reportage sur ce voyage dans l’espoir de réconcilier la famille.

En tant que spectateur, c’est donc ce reportage que l’on regarde directement. Bon point pour les allergiques au found footage, l’image n’est pas dégueulasse, ni constamment tremblotante. Il faut dire que de nos jours, ça paraîtrait complètement absurde, vu que le moindre téléphone portable possède une bonne résolution et un compensateur de mouvement. Deuxième écueil évité, ce que j’appelle « les plans impossibles ». Il arrive que dans les films de ce genre, pour des raisons d’effets de style (ou plus prosaïquement par incompétence ou négligence) on insère des plans que les personnages n’auraient pas pu tourner dans les conditions où se déroule la scène. Pas de ça dans The Visit. De toute façon, dans l’ensemble, il n’y pas grand chose à reprocher techniquement au film.

The Visit 02

Non le problème est ailleurs. Il se trouve dans le choix qu’à fait Shyamalan sur le ton du film. De l’extérieur (pitch, affiche, bande annonce), The Visit a tout du film d’épouvante. Et c’est normal, c’est ce qu’il veut être la moitié du temps. L’autre moitié, il cherche au contraire à démonter toutes ses mécaniques de peur. Et là encore, c’est voulu. Le but du film est de mettre le spectateur dans cet état d’entre deux, pour ne jamais savoir si ce qu’il  se passe devant lui est une histoire de possession/fantôme, ou bien simplement une interprétation que font les ados et leur imagination débordante des affres de la vieillesse.

L’idée est excellente et parfaitement mise en scène ici. Alors me demanderez-vous, qu’est-ce qui cloche ? Hé bien le soucis c’est que Shyamalan a décidé de prendre parti (et pas le bon à mon avis, mais j’y reviendrais). La résolution finale (puisqu’il y en a bien une et que ce n’est pas un twist, simplement une explication) donne une tournure globale très étrange au film et rend un peu vain toute cette incertitude. Du coup on en ressort avec cette impression de flou et de ne pas bien être certain de ce que l’on vient de voir, renforcée par cette volonté du réalisateur de continuer son exercice d’équilibriste jusqu’à la dernière image.

Mais au fond, ce que je trouve le plus dommageable dans The Visit, c’est de ne pas avoir privilégié une piste prcise. Alors, pour ceux qui veulent absolument garder tout le mystère, je vous conseille de passer au paragraphe suivant puisque je vais évoquer une éventuelle solution qui n’est pas celle choisie par Shyamalan.  Je pense que le film aurait énormément gagné à évoquer bien plus franchement la vieillesse et le rapport que la jeunesse entretien avec elle. L’incontinence, Alzheimer, les maladies mentales… Tout cela vous passera évidemment par la tête à un moment ou un autre comme explication au comportement des grand parents. Tous ces problèmes qui viennent avec l’âge et que l’on redoute tous. Mais le scénario les écarte trop vite. Bâtir un long métrage comme un film d’épouvante où le mal absolu serait simplement la vieillesse aurait été extrêmement audacieux. Malheureusement ce n’est pas le cas et il faut se contenter de quelque chose de bien plus classique.

Je suis au bout de ma critique et je ne sais toujours pas si j’aime The Visit. Et finalement, je pense que rien que pour ça, si vous vous intéressez un peu au cinéma, il mérite d’être vu. Ne serait-ce que pour vous faire votre propre idée.

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Un commentaire pour The Visit – M. Night Shyamalan

  1. JLo dit :

    J’étais assez intrigué en voyant la bande annonce et le « genre » de film duquel il semblait s’agir mais je me méfie beaucoup de ce que fait M Night Shamalabadala depuis quelques temps et déceptions…
    Ca me conforte un peu dans mon idée de ne pas aller le voir ^^

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