Tragic Kingdom – No Doubt

Pop. Voilà un mot qui donne des envies de meurtre à tout « amateur de rock » qui se respecte. De la musique populaire ? Et pourquoi pas de la musique que tout le monde écoute aussi ? Après tout le rock est à l’origine une musique associée à la rébellion et à l’opposition contre la société établie. La musique pop en est le parfait opposé. Une musique calibrée pour plaire au plus grand nombre. Alors comment le pop-rock a pu émerger ?

Tout simplement parce qu’il y a bien longtemps que le rock ne représente plus la rébellion pour personne. Il a été avalé, digéré, assimilé et récupéré par la société comme le sont systématiquement tous les mouvements cherchant à se démarquer. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas forcément une mauvaise chose.

L’artiste et le comptable

Hormis les fans hardcore et ceux qui s’intéressent à l’histoire de la musique, qui sait que Tragic Kingdom est le troisième album de No  Doubt, et pas le premier ? A peu près personne. Et il y a une raison à cela. Lorsque les choses sérieuses commencent, Eric Stefani co-fondateur (avec Gwen sa sœur) et leader du groupe, veut absolument tout contrôler. En plus de jouer du clavier, il écrit les paroles et les musiques et vit très mal que leur label se mêle d’autre chose que du marketing. Après l’échec des deux premiers albums, il finira par partir pour changer de carrière, laissant le groupe entre les mains de sa sœur. Si elle prend désormais en charge les paroles, la musique est dorénavant une construction collective et elle aura l’intelligence de laisser le producteur faire son travail et d’écouter ses conseils.

Le résultat ? Ce qui reste aujourd’hui sans doute un des meilleurs représentants du courant pop-rock. Un album qui mélange l’énergie et la guitare rock à un son hyper travaillé, où chaque instrument est à sa place et sonne comme il doit. Et le premier single en est la parfaite incarnation :

Si le clip a pris un gros coup de vieux, la musique non. Ça tape comme un morceau rock (merci la batterie) et c’est catchy comme un morceau pop. Mais ce qui fait (et fera encore longtemps) la spécificité de No Doubt, c’est justement de ne pas se contenter de ça.

Est-ska ça vous plait ?

Non, là où No Doubt a tout compris, c’est en parsemant sa musique de sonorités ska. Parce qu’en plus de vous rentrer dans la tête, il est indéniable que la plupart des titres de Tragic Kingdom vous donnent irrésistiblement envie de vous levez de votre chaise et de bouger. Le rythme rapide et la section cuivre (trompette, trombone, saxo), directement héritée du ska, sont les grands responsables de ce groove envoûtant. L’album redonnera d’ailleurs un sérieux coup de fouet à un genre qui avait quasiment disparu avec les années 80. Écoutez-moi ça :

Pourtant malgré toutes ces qualités indéniables, l’album mettra énormément de temps pour devenir un succès planétaire. Sorti en octobre 1995 aux USA, il n’atteindra la première place du Billboard 200 (le top 50 américain) qu’en décembre 1996 après un travail acharné de la maison de disque pour le promouvoir. Comme quoi, un label, ce n’est pas nécessairement le grand Satan.

Pour terminer, comment ne pas évoquer LE titre de Tragic Kingdom ? Celui que toute personne en âge d’écouter la radio à cette époque a forcément entendu. Le slow obligatoire de toutes les fêtes de la fin des 90’s et sur lequel un nombre incalculable de pelles ont été roulé.

Ahhhhhh, « Dont’ Speak »… Que de souvenirs ! La voix presque suppliante de Gwen Steafany, le solo de guitare sèche… Sans doute le plus beau slow de la décennie après le « Nothing Else Matters » de Metallica (mais nous en reparlerons plus tard).

Au final, « Tragic Kingdom » reste le parfait exemple de ce qu’on peut accomplir en musique quand tout le monde fait son travail, et que chacun laisse l’autre faire le sien.

Fiche Technique :

Album : Tragic Kingdom
Artiste : No Doubt
Année de Production / de Sortie : 1993 à 1995/1995
Durée de la première édition : 59 minutes
Tracklist :
Spiderwebs
– Excuse Me Mr.
Just a Girl
Happy now ?
Different People
– Hey You
– The Climb
Sixteen
Sunday Morning
– Don’t Speak
– We Can Do It
World Go Round
– End it on This
Tragic Kingdom

Playlist Complète

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