Sicario – Denis Villeneuve

sicario

Honnêtement, après la claque Mad Max Fury Road du mois de mai, je pensais avoir pris mon quota de gifle pour l’année. Quelle erreur…

Je tenais déjà Denis Villeneuve en très très haute estime, mais là, il vient carrément d’entrer dans mon top 5 (et croyez moi, les quatre autres ne sont pas des manches). Le réalisateur des excellents Prisoners et Enemy (il faut absolument que je fasse une chronique de celui là) a réussi avec Sicario un film coup de poing dont on ne ressort pas indemne, que ce soit en tant que cinéphile ou en tant qu’être humain.

Sicario 01Kate Mercer (jouée par la géniale Emily Blunt) est un agent de terrain du FBI spécialisé dans les affaires de prise d’otages. Lors d’une intervention, elle et son équipe font par hasard la macabre découverte d’une trentaine de cadavres cachés dans les murs d’une maison. Et ils n’ont pas à chercher bien loin pour comprendre qui est responsable quand ils se rendent compte que le propriétaire de cette maison, située proche de la frontière mexicaine, n’est autre qu’un énorme baron de la drogue.

Sa découverte et ses excellents états de service vont attirer sur elle l’œil de Matt Graver (joué par Josh Brolin), un agent détaché du gouvernement qui dirige une équipe spécialisée dans la lutte contre le trafic de drogue. Elle va donc le rejoindre et rapidement se retrouver face aux réalités que ce combat exige.

Sicario 02Des films sur le monde de la lutte anti-drogue, il y en a des dizaines, à commencer par le Traffic de Sorderbergh, mais Sicario les enfonce tous, et profondément.

Réalisé avec une maestria insolente, le film vous étouffe de la première à la dernière minute, vous maintenant volontairement dans cet état de suffocation permanente. Tous les plans sont oppressants et tout ce qui les compose est menaçant. Que ce soit le soleil écrasant, la labyrinthique et terrifiante ville de Juarès, les membres de l’équipe de Graver et leur gueule d’assassin, le mystérieux personnage d’Alejandro (joué par Benicio Del Toro) qui vous met mal à l’aise d’un simple regard… Villeneuve vous met à la place de Mercer et vous fait comprendre que le danger est partout et peut venir de n’importe qui. Et lorsqu’on croit que la pression se relâche, c’est uniquement pour serrer un peu plus fort l’instant d’après.

SIcario 03Visuellement, le film est une tuerie absolue multipliant les cadres de pur génie. On pourrait en faire une analyse filmique de cinq cent pages et encore passer à côté de certaines idées. Le réalisateur pousse ici à son paroxysme tout ce qu’il avait déjà démontré dans ses précédents long-métrages.

Le trio d’acteurs est à un niveau qu’on a rarement vu (vous me direz, ils ont pas choisis les plus mauvais), notamment Emily Blunt qui, après son rôle de FullMetal Bitch dans Edge of Tomorrow, prouve une fois plus, si besoin était, que les rôles physique ne lui font pas peur (et lui vont comme un gant). Elle est tout simplement parfaite dans le rôle de l’agent idéaliste qui découvre avec effroi et stupeur ce que signifie et implique réellement de lutter contre le trafic de drogue.

Sicario 04Si le film est une réussite de bout en bout, difficile de ne pas citer la scène de l’extraction à Juarès. La tension phénoménale que Villeneuve y installe et instille est à couper au couteau grâce à une montée en pression magistrale qui éclate en un éclair. Dans sa catégorie je ne vois guère que la fusillade de Heat qui puisse l’égaler (même si elles n’ont pas du tout le même rythme et le même découpage).

Vu son casting et son réalisateur, j’attendais beaucoup de Sicario et je n’ai pas été déçu. Toutefois, s’il y a une chose sur laquelle je ne l’attendais absolument pas, c’est sa bande originale. Je ne connaissais le travail de Johan Johansonn qu’à travers Prisoners. Là il m’a carrément scotché. L’oppression presque physique que l’on ressent à la vision du film est en grande partie dû sa musique, notamment ses rythmes de tambours implacables et ses cordes qui s’insinuent jusque sous votre peau.

Je pourrais parler de ce film pendant des heures, mais je vais me contenter de terminer par ceci : si vous n’allez que deux fois par an au cinéma, j’espère que la première a été pour Mad Max. Et que la deuxième sera pour Sicario.

PS : Carton rouge à l’UGC Bordeaux qui a mis cette merveille dans une des plus petite salle du complexe à 19h le jour de la sortie…

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