Nightmare on Hollywood Boulevard

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Wes Craven est mort. Ce billet arrive un peu après la bataille (en temps internet s’entend) et, pour être franc, j’ai même failli ne pas l’écrire.D’une part, à quelques exceptions près, je n’aime pas écrire sans prendre le temps de réfléchir. Et d’autre part, je pense que c’est de leur vivant qu’il faut rendre hommage aux gens talentueux. Une fois qu’ils sont morts, ça n’a plus grande utilité. Mais merde, c’est Wes Craven ! Je ne pouvais pas laisser passer la nouvelle sans rien en dire.

Je ne reviendrais pas sur sa filmo ou son parcours, y a des sites très bien fait pour ça et beaucoup plus exhaustif que je ne pourrais l’être. Mais il y a une chose que je tenais à mettre en avant chez lui, et qui en faisait quelqu’un à part, c’est qu’il n’était pas ancré dans le passé.

L’exemple le plus criant de cet état d’esprit est Scream. Pour bien comprendre où je veux en venir, il faut savoir que Craven a fait parti, dans les années 80, des réalisateurs de slashers, ces films mettant en scène des tueurs psychopathes. Et non des moindres puisqu’avec Nightmare on Elm Street, il a sans doute réalisé une des perles du genre.

Nightmare on Elm Street / ScreamUne décennie plus tard, alors que les slashers ont disparu des écrans après s’être auto détruit sous le poids de leur médiocrité et de la surexploitation, Craven va réussir un coup de génie avec Scream (je te vois en train de râler sur ta chaise, Prince…). Il va en effet remettre au goût du jour un genre que tout le monde pensait mort et enterré, en gardant le principe de base (le tueur psychopathe), mais en l’adaptant à l’époque (un des héros du film n’est rien d’autre que le téléphone portable) et en le mélangeant à un autre genre, celui du teen movie. Vous ajoutez à cela le scénario malin de Kevin Williamson, des dizaines de références aux vieux slashers (dont le réalisateur et le scénariste n’hésitent pas se moquer) et vous obtenez un film devenu culte depuis.

Craven avait parfaitement compris que le cinéma a besoin de constamment se renouveler. Vous ne pouvez pas vous contenter de recycler inlassablement les mêmes recettes. Ça finit inévitablement par se retourner contre vous. Vous pouvez réutiliser une idée, mais vous devez l’adapter à votre époque.

The Hills Have Eyes

L’autre révélateur que le réalisateur avait intégré tout ça, c’est sa collaboration sur les remakes de ses propres films. The Last House on The Left et The Hills Have Eyes font partis des tout premiers films de Craven. S’ils sont excellents, il n’en reste pas moins qu’il les a réalisé avec très peu de moyens et qu’ils sont devenus difficile à regarder pour le simple plaisir, et en dehors de toute cinéphilie. Il a donc travaillé en tant que producteur sur des remakes qui sont vraiment très bons. Tout en respectant le matériau d’origine, ils rendent beaucoup plus accessible des histoires qui méritent qu’on les raconte encore et encore. Et ça a permis aux propres réalisations de Craven de rester dans l’inconscient collectif, parce qu’il est rare qu’on vous cite les versions récentes sans faire mention des originaux.

The Last House on The Left

Si vous ne devez retenir qu’une chose, c’est donc ça. Wes Craven n’était pas un passéiste et c’est ce qui faisait de lui un grand réalisateur.

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