DMC – Devil May Cry

Comme le dit si bien Garth :

C’est donc tout naturellement que je passe pas mal de temps sur les beat’em all. Et si le débat fait rage entre spécialistes, il est indéniable, en ce qui me concerne, que DMC est le maître étalon en la matière. Mais je vous vois froncer le sourcils. Ne dites pas non puisque je vous dis que je vous vois. Alors reprenons les bases.

Qu’est-ce qu’un beat’em all ? C’est un jeu dans lequel vous allez passer votre temps à taper en vue de côté si c’est un jeu 2D, en vue à la troisième personne si c’est un jeu 3D. Les plus vieux se souviennent sûrement de Double Dragon, Final Fight ou encore Streets of Rage. Heureusement le genre à quand même évolué depuis, mais le principe reste le même : dézinguer des vagues d’ennemis pour arriver au bout du niveau. Ce qui a changé, c’est que les beat’em all sont devenus avec le temps des jeux à score. Il ne faut donc plus se contenter de taper, il faut le faire avec style et en se faisant le moins toucher possible pour tenter de battre des records.

Venons en à DMC. Clarifions tout de suite les choses: je parle du remake de 2013. En effet, pour ceux qui l’ignoreraient, le tout premier Devil May Cry date de 2001. Il y en a eu 3 autres après, plus ou moins réussis, mais tous avaient un point commun, Dante. Personnage ultra charismatique, poseur au possible, et incarnation du swag alors même que le mot n’existait pas.

Dante

Fils d’un démon et d’une ange, armé d’une grosse épée et de deux flingues, il passe donc son temps à taper sur les deux camps qui voient d’un très mauvais oeil le bâtard qu’il est. Après plusieurs années de silence, Capcom (l’éditeur) a donc décidé de relancer la série avec un reboot dont ils ont confié le développement au studio Ninja Theory. L’annonce a surpris pas mal de monde sur le coup. Que l’éditeur japonnais confie son bébé à un studio américain a déjà fait grincer des dents, mais quand on connait Ninja Theory, il y a de quoi tomber des nues. En effet, créateurs des certes sympathiques Heavenly Sword et Enslaved, on ne peut pas dire qu’ils avaient un CV qui les prédestinait à se retrouver au commande d’un DMC. Alors quand les premiers artworks du nouveau Dante ont débarqué, Internet a pris feu.

New Dante

D’un type ultra cool et blasé, on est passé au petit con gothique. Et ce changement, DMC va le payer jusqu’au bout puisque le jeu se vendra mal en grande partie à cause de ce changement de character design. Et c’est bien dommage parce que :
1 – C’est un putain de jeu.
2 – Ce changement a une explication si on arrive au bout de l’histoire.

Du coup des millions de gens sont passés à côté du meilleur beat’em all jamais créé jusqu’ici (Non, je ne mettrais pas Bayonetta 2, et encore moins le 1, en haut du classement, n’insistez pas, même s’ils ne sont pas loin derrière).

Comme tout bon jeu de sa catégorie, gardez bien en tête que finir une première fois DMC n’est qu’une étape. Je vous le répète, les beat’em all sont des jeux à score, le but est de refaire les niveaux en augmentant la difficulté (il y a pas moins de 7 niveaux différents, par contre vous me ferez le plaisir d’oublier le niveau humain, nous sommes entre gens de bon goût) et en approchant le plus possible de la perfection. D’ailleurs le jeu vous apprendra de nouveaux mouvements et de nouvelles techniques jusqu’à 15ième niveau, sur les 16 qu’il comporte. Au bout du compte, vous devrez constamment jongler avec 8 armes différentes et trois postures. Pour chaque arme, une vingtaine de mouvements sont déblocables grâce aux âmes que vous récupèrerez sur les ennemis. Là encore n’espérez pas tout débloquer après votre premier run. Il va falloir en dézinguer du méchant pour avoir accès à Dante dans toute sa splendeur.

Comme je vous l’ai précisé plus haut, le héros est le fils d’un démon et d’une ange. Pour refléter cela dans le gameplay, Dante peut à tout moment (du moins à partir du 2ième niveau) passer de sa posture humaine à la posture démoniaque ou angélique en gardant la gâchette droite ou gauche enfoncée (on joue à un beat’em all à la manette, pas au clavier/souris, bande de sagouins !). Cela lui permet de changer automatiquement d’arme, de pouvoir taper certains monstres qui sont invulnérables autrement, et surtout d’activer un grappin. Si vous êtes en mode démoniaque, le grappin attire les ennemis à vous, si vous êtes en mode angélique, c’est vous qui êtes attiré vers les ennemis.

Une fois que vous aurez assimilé tout cela, vous arriverez à faire des trucs dans ce genre :

Je sais, vu comme ça, vous vous dites que c’est impossible, que c’est un truc de PGM… Pas du tout, et c’est une des grandes forces de DMC. En introduisant au compte goutte ses armes et ses concepts, il vous donne le temps de bien apprendre à vous servir de chacun d’eux et vous verrez que les enchaînements et les changements de posture viennent tout seul.

L’autre grande force du jeu, c’est le rythme frénétique des combats. Quand vous commencerez à vous débrouiller un peu avec Dante, vous aurez rapidement une véritable sensation de jouissance à chaque coup porté à vos adversaires grâce à l’excellent travail effectué sur les retours de ces derniers, que ce soit en terme visuel ou sonore. Vous aurez réellement la sensation de taper vous-même. Et pour peu que vous soyez un peu joueur, vous allez très vite essayer de faire monter votre score, en évitant de vous faire taper et réalisant des combos de plus en plus longs. D’ailleurs, le système de notation du style va vous poussez dans cette direction. En effet à chaque fois que vous passez en mode combat et que vous portez votre premier coup, vous verrez apparaître en haut à droite de l’écran la lettre D en grisé. Plus vous taperez et plus cette lettre se remplira. Une fois pleine, la lettre C la remplacera, et ainsi de suite jusqu’au SSS (D-> C-> B-> A-> S-> SS -> SSS). Cela correspond en fait au multiplicateur qui est appliqué aux points gagnés (de x2 à x8).

combos

« Mais il suffit de taper avec le même coup en boucle pour faire monter le compteur, c’est idiot ! » m’objectez-vous. Hé non ! Car c’est là tout le sel du jeu, si vous utilisez le même coup plusieurs fois d’affilés, la lettre se remplit de moins en moins vite jusqu’à stagner. De plus, si vous restez ne serait-ce que quelques secondes sans porter un coup, la lettre se vide et repasse au multiplicateur inférieur. Enfin, si vous vous faites touché, vous descendez automatiquement de deux crans. Il y a quelques autres subtilités mais vous avez compris : si vous voulez faire un gros score, vous serez obligé d’enchaîner des coups différents sans vous faire toucher. Vous vous retrouverez donc à réaliser de véritables chorégraphies, passant d’un ennemi à l’autre, esquivant les coups, changeant d’arme avec une aisance qui vous surprendra vous-même. Sachez aussi que le score que vous obtiendrez à la fin de chaque niveau dépend également du temps que vous mettrez à le boucler, de la quantité d’objets cachés que vous aurez débusqués (clés pour ouvrir les portes ce certains challenges, âmes à détruires, et challenges accomplis), du nombre d’objets utilisés et du nombre de vos morts.

niveau 1

Techniquement, le jeu est très solide. L’univers dépeint est une sorte de Invasion Los Angeles dans lequel on aurait remplacé les extra terrestres par des démons. Ces derniers ont d’ailleurs un design bio mécanique complètement dingo. Certains boss sont vraiment excellent, je pense notamment à la parodie de ce crétin de O’Reilly de Fox News. Les niveaux sont vraiment magnifiques et très aérien. Mention spéciale à celui de la discothèque, qui est tout simplement un des plus fous que j’ai vu dans un jeu vidéo en terme de design. Tout simplement génial. Le framerate tient la route (et c’est indispensable dans ce genre de jeu) et du moment que vous n’avez pas une machine antédiluvienne vous aurez du 60 fps quasi constant. Bien sûr, le tout est accompagné par une musique metal indus du meilleur effet (évidemment faut aimer le genre), avec notamment quelques morceau du groupe Combichrist. Cela colle pile poil à l’univers déjanté.

niveau 2

« Mais alors ce jeu n’a pas défaut « . Si, quelques uns qui, s’ils ne sont pas rédhibitoires, sont agaçants. Tout d’abord, Ninja Theory a fait le choix d’une caméra qui est stoppée par l’architecture des niveaux et ce qui est parfois gênant pour la lisibilité, surtout en plein combat. Ensuite, si l’histoire se laisse suivre la première fois, avec quelques passages amusants, elle n’a que peu d’intérêt. Heureusement vous pourrez passer les cinématiques. D’ailleurs, dernier défaut justement à ce sujet, il aurait fallut une option pour que les cinématiques soient zappées automatiquement, au moins après le premier run. Comme dans tout bon jeu de score, vous aurez la volonté de recommencer encore et encore chaque niveau pour vous améliorer. Malheureusement, cela signifie que vous passerez aussi beaucoup de temps à massacrer la touche select pour passer ces fichues cinématiques. Il en va de même pour deux passages en jeu vraiment très ennuyeux où l’on ne fait que marcher à côté d’un PnJ qui discute avec Dante pendant trois plombes. Vous le voyez rien de grave, mais c’est dommage de ne pas avoir pensé à ça.

Bref, si vous aimez les jeux d’action, et particulièrement les beat’em all, foncez sur DMC. Vous le trouverez facilement pour moins de 10 euros, et si vous accrochez au truc, il pourra vous occuper des dizaines d’heures (perso, j’ai dépassé les 50).

Cet article, publié dans Chronique Jeux Vidéo, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s